RH : comment protéger vos salariés détachés ou en mission à l’étranger ?

Envoyer un collaborateur hors de France, c’est une opportunité pour lui comme pour votre entreprise. Mais derrière cette mobilité se cachent des obligations précises selon son statut : expatrié, détaché ou mis à disposition d’une filiale étrangère. À chaque situation, ses règles.

En tant qu’employeur, votre responsabilité est d’offrir un cadre sécurisé et bien préparé. Quels sont les points à ne pas négliger ? Comment éviter les écueils administratifs et garantir à vos salariés des conditions optimales ? Voici les clés pour organiser leur départ en toute confiance.

Connaître la législation locale 

En tant qu’employeur et quel que soit le statut du salarié envoyé à l’étranger, nous vous recommandons de vous informer sur la réglementation locale en vigueur dans le pays d’accueil. L’objectif est de savoir si vous pouvez vous acquitter de vos obligations, notamment en termes de visa de travail et de protection des salariés. Vous pouvez obtenir des informations sur le pays d’expatriation auquel vous pensez via :

Les sites officiels

Le site de l’ambassade du pays concerné en France vous renseignera sur les visas, les permis de travail et les réglementations locales. France Diplomatie propose également des fiches détaillées pour chaque destination.

Les chambres de commerce internationales

Les Chambres de Commerce et d’Industrie Franco-Étrangères sont de précieuses alliées. Elles vous apportent des conseils sur le cadre légal, les pratiques commerciales et les spécificités culturelles.

Les cabinets ou organismes experts en mobilité internationale

Des experts comme EY ou KPMG, mais aussi des organismes comme la CFE (Caisse des Français de l’Étranger) et l’UFE (Union des Français de l’Étranger), peuvent vous accompagner sur les aspects administratifs et la protection sociale.

Les organisations internationales

Des plateformes comme celles de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) ou de l’Union européenne offrent des ressources utiles pour comprendre les droits des travailleurs expatriés et les législations en vigueur.

Comprendre les différents types d’expatriation

Selon la mission et la durée du séjour, le statut de votre salarié peut varier : expatrié, cas de détachement ou mis à disposition d’une filiale. Chaque situation a des implications concrètes en matière de contrat, de rémunération et de lien avec l’entreprise d’origine. Voici ce qu’il faut savoir pour choisir le cadre adapté.

Salarié expatrié (expatriation)

L’expatriation concerne généralement des missions longues, voire à durée indéterminée. Le salarié quitte officiellement les effectifs et donc la convention collective de l’employeur d’origine et signe un nouveau contrat avec l’entreprise d’accueil à l’étranger.

Voici ce qu’il faut savoir sur la condition du salarié expatrié :

📅 Durée

Mission de plus de 3 mois uniquement

🔗 Lien avec l’entreprise d’origine

Le salarié ne dépend plus directement de l’employeur d’origine en France et n’a plus de comptes à lui rendre.

📝 Contractualisation

Le contrat de travail avec l’employeur français est suspendu ou rompu ; un nouvel accord de travail est conclu avec l’entité étrangère.

Le contrat précise des règles relatives à la devise du salaire, aux avantages liés à l’expatriation et aux conditions de rapatriement.

Travailleur détaché (détachement)

Contrairement à l’expatrié, le salarié détaché reste sous contrat avec son entreprise en France. Cette solution est idéale pour des missions de quelques mois à quelques années, sans rupture avec l’employeur d’origine.

Voici ce qu’il faut savoir en bref du travailleur détaché :

📅 Durée

Quelques mois à plusieurs années

🔗 Lien avec l’entreprise d’origine

Le lien contractuel entre l’entreprise française et le salarié détaché est conservé pendant la durée de la mission

📝 Contractualisation

Un simple avenant au contrat de travail suffit.

💸 Rémunération

Toujours assurée par l’employeur français, avec parfois des indemnités pour couvrir le logement ou les déplacements.

🔎 Focus : Qu'est-ce que le salarié détaché ICT (carte de séjour pluriannuelle) ?

Ce titre de séjour pluriannuel « salarié détaché ICT » (Intra-Company Transfer), défini par l’article L313-24 du CESEDA, concerne les salariés envoyés temporairement en France dans le cadre d’une mobilité intra-groupe (missions de direction, expertise spécifique). Il est valable pour une durée maximale de trois ans et ne peut être renouvelé. Il s’inscrit entre les statuts de « salarié en mission » et de « travailleur saisonnier ».

Salarié mis à disposition

Dans certaines entreprises multinationales, un collaborateur peut être mis à disposition d’une filiale étrangère tout en conservant son contrat d’origine. Selon les cas, il pourra avoir un statut de salarié détaché (soumis aux droits de la protection sociale française) ou celui du salarié expatrié (soumis au régime de protection sociale du pays d’accueil).

Protéger la santé des salariés expatriés ou détachés

Quand un salarié part travailler à l’étranger, sa couverture sociale ne suit pas automatiquement. Entre les obligations légales et les précautions à prendre, Nous vous recommandons d’anticiper pour lui garantir une protection adaptée. En tant qu’employeur, vous avez un rôle clé à jouer pour assurer sa sécurité et son bien-être.

Personnel expatrié : respecter vos obligations de santé et de sécurité

Un expatrié est affilié au système de protection sociale de son pays d’accueil, mais cela ne signifie pas qu’il bénéficie d’une couverture suffisante. En tant qu’employeur, vous devez vous assurer que votre collaborateur dispose d’une prise en charge efficace en cas de besoin.

👉 Affiliation à la CFE : maintenir une protection sociale française

Pour éviter une rupture dans ses droits, vous pouvez inscrire votre salarié à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). Cette affiliation lui permet de cotiser au régime général français et de bénéficier d’une couverture similaire à celle proposée en France. Attention toutefois, selon le pays de l’entreprise d’accueil, la couverture CFE peut s’avérer hautement insuffisante car elle est calculée sur le principe des tarifs de la sécurité sociale française. Nous vous recommandons pour une protection sociale complète une assurance santé internationale. Des plans spécifiques existent pour les entreprises.

👉 Couverture santé internationale pour les entreprises

Souscrire une assurance santé internationale pour les entreprises est une solution pertinente pour permettre à votre collaborateur de bénéficier non seulement d’une couverture complète incluant les frais médicaux et l’assistance mais aussi de profiter d’un ensemble de services additionnels bien utiles à l’étranger comme les bilans de santé, la géolocalisation de prestataires dans le réseau médical ou encore des prises en charges rapides.

Des formules adaptées existent, que vous ayez 1 à 3 employés expatriés, 4 à 49 salariés expatriés ou plus de 50 membres du personnel expatriés ! Il est également possible d’associer cette couverture à la CFE pour pour maintenir un lien avec la sécurité sociale française, mais cela peut impliquer des traitements de remboursement rallongés et quelques complexités administratives.

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💡 Bon à savoir :
En cas de négligence, votre responsabilité peut être engagée, y compris sur le plan pénal. Ne cherchez pas un contournement de la réglementation et vérifiez bien les procédures qui vous sont imposées. Vous pouvez vous faire accompagner par des professionnels de la mobilité internationale qui vous aiguilleront sur toutes les conditions de mise en règle administrative à accomplir.

👉 Affiliation au régime d’assurance chômage

Votre entreprise établie française doit également affilier le salarié expatrié au régime expatrié français de l’assurance chômage (le Pôle emploi des expats). Cette formalité doit être effectuée dans les 8 jours suivant son départ.

👉 Communiquer sur les obligations de cotisation retraite

Vos collaborateurs doivent cotiser à la retraite dans leur pays d’accueil, mais ils peuvent aussi maintenir leurs droits en France. Vous devez les informer sur les possibilités offertes par la Carsat (Caisse d’Assurance Retraite et de Santé au Travail) ou la CRE (Caisse de Retraite des Expatriés). Le sujet de la retraite en France après expatriation dépendra grandement du pays de l’entreprise d’accueil. Certains pays ont des accords bilatéraux (des informations entre les états) avec la France et facilitent le calcul de la retraite. Là aussi, vous pouvez vous faire accompagner pour mieux connaître les procédures.

👉 Inscription consulaire 

Avant le départ, vous pouvez conseiller à votre salarié expatrié de procéder à son inscription consulaire une fois sur place. L’inscription sur le registre des Français établis hors de France leur permet entre autres de voter, mais surtout d’être contactés ou que leur famille soit contactée en cas d’urgence.

Travailleurs détachés à l’étranger : des droits et des devoirs

👉 Les bénéfices possibles du travailleur détaché

Bonne nouvelle ! Un salarié détaché à l’étranger reste rattaché au système de protection sociale français. Cela signifie qu’il continue à bénéficier des mêmes droits qu’en France, sous certaines conditions.

  • Il cotise toujours au régime général de la Sécurité sociale française.
  • Ses cotisations sont calculées sur la base de son salaire de détaché, comme s’il travaillait en France.
  • Il bénéficie de l’assurance maladie française, ce qui lui permet d’être pris en charge en cas de besoin.

💡 Bon à savoir :
Ces droits ne sont pas automatiques, l’employeur doit effectuer certaines démarches pour garantir leur maintien.

👉 Procédures obligatoires de la part de l’employeur 

En tant qu’employeur et pour permettre à vos salariés détachés de continuer à bénéficier de leurs droits auprès de la protection sociale française, vous avez plusieurs obligations :

  1.  Demander un certificat de détachement via le compte en ligne urssaf.fr de votre entreprise (peu importe, notamment, si le pays de détachement a conclu une convention bilatérale de Sécurité sociale avec la France ou non).
  2. Remplir et envoyer le formulaire Cerfa n° 11559*03 à l’organisme d’assurance maladie compétent.

Une fois ces formalités accomplies, vous recevrez le document A1, qui atteste du régime de Sécurité sociale applicable. Ce document est indispensable : votre salarié doit l’avoir avec lui pendant toute la durée de sa mutation géographique.

“ N’oubliez pas que dans ce cas de figure, l’employeur doit continuer à verser les cotisations sociales en France pour maintenir les droits du salarié. ”

👉 Durée des bénéfices 

La durée et les conditions de renouvellement de tels bénéfices liés au statut de salarié détaché dépendent des conditions du détachement :

Conditions du détachement 

Détachement du salarié dans l’un des pays de l’UE, dans un pays membre de l’espace Schengen, en Suisse ou au Royaume-Uni

Détachement du salarié supérieur à 3 mois hors d’un pays de l’UE, hors Schengen ou hors de Suisse.

Durée du bénéfice 

⌛ Courte durée. Il est limité à 24 mois mois, avec un délai de 2 mois à respecter avant un nouveau détachement du même salarié.

⌛ Temporaire. Il est limité à 3 ans, avec une seule possibilité de renouvellement.

Anticiper le retour en France

Le détachement ne marque pas la fin du lien entre l’employé et l’entreprise d’origine. En règle générale, les frais de déplacement sont à la charge de l’employeur. À son retour, le salarié doit être réintégré dans son entreprise, à son poste initial ou à un poste équivalent en termes de responsabilités et de rémunération.

Accompagner les conséquences fiscales

Salarié expatrié  : quelle imposition ?

Le salarié expatrié peut rester redevable de l’impôt en France dans certaines situations :

  • Sa famille reste en France : cela peut maintenir son domicile fiscal en France.
  • Il perçoit toujours des revenus en France : salaires, loyers, placements…

Pour l’aider à y voir plus clair, orientez-le vers son service des impôts (via son espace Particulier). Il pourra y vérifier ses obligations déclaratives et s’assurer qu’il est bien en règle.

💡 À noter :
même non-résident fiscal, un expatrié peut être soumis à certains impôts en France, comme la taxe d’habitation.

Salarié détaché

Le détachement entraîne souvent des obligations fiscales spécifiques. Selon le pays d’accueil, le salarié peut être soumis à l’imposition locale.

Comment déclarer un salarié détaché ?

En tant qu’employeur, vous devez:

  • Informer le salarié sur ses obligations fiscales dans son pays de détachement.
  • Déclarer le détachement avant le départ via la plateforme SIPSI (sipsi.travail.gouv.fr). Cette déclaration inclut les informations sur l’entreprise, le salarié, les conditions de travail et le représentant en France. Les documents justificatifs (contrat, affiliation à la Sécurité sociale, etc.) doivent être conservés en cas de contrôle.

Protéger vos salariés partis à l’étranger en bref

Pour assurer un accompagnement efficace, voici les points essentiels à ne pas négliger :

  1. Se renseigner sur la législation locale auprès de sources officielles.
  2. Déterminer le statut des salariés (expatriés, détachés ou mis à disposition)
  3. Assurer la protection de la santé et de la sécurité de vos salariés
  4. Les aider à anticiper leurs obligations fiscales pour éviter tout litige.

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FAQ

Quelle est la différence entre salarié détaché et salarié expatrié ?

La principale différence réside dans le lien avec la France, notamment en matière de contrat de travail et de protection sociale.

Salarié détaché :
Le salarié reste rattaché à son contrat de travail en France et bénéficie de la protection sociale française (Sécurité sociale, retraite, etc.). Ce statut est généralement temporaire et limité dans le temps.

Salarié expatrié :
Il est généralement recruté sous un nouveau contrat dans le pays d’accueil. Il dépend du système de protection sociale local, sauf exception. Son transfert est souvent de longue durée, voire définitif.

Salarié détaché ICT / carte de séjour pluriannuelle : c’est quoi ?

Ce titre de séjour est réservé aux salariés envoyés en France dans le cadre d’une mobilité intra-groupe (Intra-Company Transfer – ICT). Il permet d’exercer une activité professionnelle en France tout en restant employé par une entreprise étrangère. La carte de séjour pluriannuelle est attribuée aux salariés transférés pour une durée maximale de trois ans, sans possibilité de renouvellement, tout en restant liés à leur employeur basé à l’étranger. Ce titre leur permet de travailler en France sans modifier le lien contractuel avec l’employeur d’origine.

Quels sont les avantages d’un détachement ?

Le détachement présente de nombreux atouts autant pour l’employeur que pour le salarié. Ce dernier conserve son contrat de travail et sa protection sociale française tout en développant une expérience internationale. L’employeur, de son côté, envoie un collaborateur à l’étranger sans rompre son contrat. Il déploie ses talents à l’international tout en maîtrisant le cadre juridique et social.

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