Comment socialiser à l’étranger en tant qu’expatrié ?

On pense souvent à tort que socialiser va de soi. Mais se faire des amis n’est pas inné, d’autant plus à l’étranger. Appréhensions, peur du rejet, peur de mal faire, doutes… Aller à la rencontre de l’autre, ça prend du temps et ça demande un investissement réel et durable.

Comment briser la glace et nouer le contact ? Comment garder et entretenir ses relations ? On vous embarque dans un tour d’horizon des différentes astuces à mettre en place pour socialiser à l’étranger.

Balisez le terrain

 

Avant de partir à l’assaut des soirées et afterworks de votre nouvelle ville d’expatriation, une petite enquête de personnalité s’impose.

Demandez-vous : se faire des amis pour vous, c’est une opération simple ou plutôt complexe ? Avez-vous la salutation facile, ou encore le coup de coude (Covid oblige) avenant ? Pourquoi cherchez-vous à socialiser ?

La question peut sembler saugrenue et pourtant tout le monde ne cherche pas la même chose ! Une amitié solide demandera un investissement plus poussé que le simple fait de faire connaissance avec d’autres personnes, par exemple. On peut vouloir nouer des contacts sur le long terme, ou papillonner entre différents cercles sociaux — l’un peut d’ailleurs aller avec l’autre. Salarié·e, étudiant·e, retraité·e, nomade numérique, en recherche d’emploi, en PVT… plutôt introverti·e, extraverti·e, joueur·euse, blagueur·euse, sérieux·se, réservé·e, timide, discret·ète, enjoué·e… Cette mise au point en dit déjà long sur le profil de la personne, et sur les stratégies à mettre en place pour interagir à l’étranger.

 

Apprenez la langue du pays

 

On ne le dira jamais assez. Apprendre la langue de son pays d’expatriation est un beau symbole d’ouverture à l’autre. Or socialiser, c’est déjà interagir avec l’autre. Montrez votre ouverture d’esprit et votre investissement grâce à cette initiative !

Ne misez pas forcément tout sur l’anglais quand vous vivez à l’étranger, surtout si vous partez dans un pays non anglophone (et ils sont nombreux). Quand bien même l’anglais serait usuel dans le pays, initiez-vous à la langue nationale et surprenez vos interlocuteurs. Vous gagnerez de précieux points auprès de la population locale.

 

 

Maîtrisez les codes culturels

 

Quelle est l’histoire de votre nouveau pays ? Sa culture, son système politique, économique ? Les relations femmes-hommes ? Aucun rapport avec un afterwork, pensez-vous ? Au contraire : les personnes avec qui vous voulez socialiser évoluent dans une société ayant des normes et références propres (tout comme vous ne débarquez pas de nulle part). Comprendre les codes de votre nouvel environnement est essentiel pour mieux vous y intégrer.

 

Pensez local

 

Comme un enfant apprend par mimétisme, observez, apprenez et imitez. Soyez patient·e et partez sans a priori. Acceptez de perdre vos repères et de vous laisser guider. Changez vos habitudes au contact de votre nouvel environnement, goûtez à la nouveauté !

Loisirs inédits, gastronomie locale, pratiques des natifs…), bousculez votre quotidien. Autant que possible, faites vos recherches dans la langue du pays. Vous trouverez des informations plus riches.

 

Socialisez via les applis

 

Ce qu’on vous conseille dans le fond : sortez de votre zone de confort.

Les réseaux sociaux vous piquent les yeux ? Réactivez vos comptes, c’est pour la bonne cause. Vous êtes rodé·e aux dernières tendances 5.0 ? Tant mieux : partez à la conquête des applis les plus populaires pour socialiser dans votre pays d’accueil.

Là encore, pensez local (vous l’aurez compris, c’est le fil rouge) : par exemple, allez dans des espaces fréquentés par les locaux. Vous pouvez aussi vous intégrer à des groupes d’expatriés qui connaissent généralement bien les coutumes. Les personnes qui rejoignent ce type de groupes sont comme vous, elles cherchent à nouer des contacts ! Fréquenter un groupe parlant la même langue que soi rassure et encourage. Ne vous privez pas de cette recharge de batteries. Profitez de leur réseau pour rencontrer en douceur quelques locaux.

Ce qu’on vous conseille dans le fond : sortez de votre zone de confort, trouvez-vous le ou les groupes qui vous permettront de vous intégrer tranquillement !

 

Misez sur les loisirs

 

Amateur·trice de sport de combat, de danse, de hockey, de piano, de chant ?

Dans la mesure du possible, poursuivez les activités que vous aviez l’habitude de faire avant votre expatriation. Les activités de groupe sont de hauts lieux de socialisation.

Pratiquer une activité sportive en équipe ou à plusieurs présente un double avantage : tout le monde fait quelque chose qu’il aime et démarrer une conversation est plus facile. C’est une autre façon de se rassurer et de s’armer. On part en terrain connu. On reprend ses marques. Là aussi, vous pourrez trouver, sur les réseaux sociaux, une multitude de groupes à intégrer.

 

 

Jouez la proximité

 

Vos nouveaux collègues, camarades étudiants, colocataires, voisins seront peut-être vos amis de demain. Ne négligez pas ces contacts de proximité et sachez les entretenir. D’où l’importance de se montrer ouvert·e d’esprit, attentif·ve, de bonne volonté, en toute simplicité. Loin d’être enfermé·e dans vos principes, acceptez de vous faire reprendre et corriger.

 

Échangez vraiment

 

Les discussions se déroulent souvent sur le mode du « moi je ». Chacun parle de lui-même sans même le remarquer. Il n’y a pas de véritable échange, mais plutôt des mini monologues lancés en parallèle.

À l’étranger, vient s’ajouter un autre problème : le mode interrogatoire. Être curieux·se ne signifie pas se transformer en profiler. On a parfois tendance — sans le remarquer, encore une fois — à prendre les natifs pour des encyclopédies. Parlez de vous, avec mesure. Les locaux ont aussi envie d’entendre vos histoires. Comme vous, ils sont curieux. Au fond, le meilleur interlocuteur est celui qui sait écouter. Comprendre l’autre en dira long sur vous.

 

 

 

Patientez

 

Tout comme vous aviez des amis avant votre expatriation, les personnes que vous rencontrez dans votre nouveau pays d’accueil ont aussi les leurs. Socialiser est un processus long, parfois difficile. Les groupes sont souvent déjà formés. Les autres ne feront pas spécialement l’effort de venir vers vous. Nouveaux employés, étudiants, pvtistes, étrangers sont comme vous de passage et ne partagent pas forcément les mêmes objectifs que vous. L’anxiété que vous pouvez ressentir peut se retrouver chez les locaux. Eux aussi se demandent parfois comment s’y prendre. Parfois, ça ne colle pas. Acceptez que le « match » ne se fasse pas forcément et patientez. Mieux vaut quelques rencontres de qualité que 3000 connaissances que vous ne garderez pas.

 

Positivez

 

Vous serez peut-être surnommé·e « le nouveau », « la nouvelle ». Peut-être que les gens vous feront sentir — ou même remarquer, s’ils sont cavaliers — que vous venez vers eux uniquement parce que vous n’avez pas d’amis. C’est effectivement le cas. C’est même encore plus prégnant quand on part vivre seul·e à l’étranger.

Mais tout comme vos nouvelles connaissances ne sont pas sorties en groupe d’un ventre maternel, vous aussi cherchez un groupe à intégrer. Est-il égoïste de rechercher de la compagnie ? Si tel est le cas, le monde entier est égoïste. Restez positif·ve. L’autre a autant besoin de vous que vous de lui. Se faire des amis, surtout à l’étranger, est un travail de longue haleine.

« L’autre a autant besoin de vous que vous de lui »

 

Entretenez tous les liens

 

N’oubliez pas les amis du pays que vous avez quitté. Vivre à l’étranger ne signifie pas être déraciné·e. Prenez soin de tous vos contacts : famille, amis de longue date ou rencontrés lors de précédents voyages… Les expatriés se sentent parfois assez seuls et leurs amis de départ ne voient que leur vie trépidante pleine de nouveautés. Prenez de leurs nouvelles, donnez-leur les bons comme les mauvais aspects de votre nouvelle vie et proposez-leur de venir vous voir !

 

Faites des pauses

 

Socialiser n’est pas une course, mais plutôt une question d’endurance. Prenez le temps, et n’oubliez pas de vous retrouver en solo de temps en temps. On comprend l’anxiété que peut générer une solitude prolongée. Ne culpabilisez pas si vous « n’arrivez pas à vous faire des amis ». Des milliers de personnes ayant la même problématique gravitent autour de vous. C’est normal d’être un loup plus solitaire que d’autres et c’est très bien aussi !

Il y a mille et une manières de socialiser. Trouvez la vôtre et prenez votre temps. Posez vos marques, votre rythme et acceptez de recevoir. Le restaurant sera le terrain favori d’untel, alors qu’un autre préfèrera le terrain de basket, le groupe Meetup, Facebook ou le café. Le contact des autres pourra faire naître chez vous de nouvelles envies, passions, aptitudes. Et on ne vous le dira jamais assez : soyez vous-mêmes. Bien plus qu’une tournure de langage, c’est un état d’esprit, pour une socialisation réussie.

Article rédigé en partenariat avec :

 

 

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